CONSTANT DESPRES

LA NATURE LUI A ACCORDÉ UN CADEAU…

Si vous le croisez dans la rue, ou dans une cour de collège, vous ne verrez qu’un enfant

©Photos : Cécile Bayle


absolument semblable aux autres ; et pourtant… Semblable, il l’est ; mais, il possède
quelque chose que beaucoup, grands ou petits, n’ont pas : du talent ! Et ce dans
un domaine bien précis, celui de la musique. La nature lui a accordé un cadeau qu’elle
ne dispense que chichement, la possession d’une « oreille absolue », cette aptitude à
reconnaître à l’écoute d’un son, la note de musique correspondante. Les hasards de
la vie l’ont fait naitre dans une famille de musiciens où il a baigné dans une ambiance
musicale éclectique. Mais ce contexte propice à l’éveil d’une sensibilité particulière
n’est pas l’exclusivité de Constant Despres et ne produit pas de facto un pianiste classique
des plus prometteurs. Force est donc de reconnaître que ce très jeune garçon (il
est né en 2006) bénéficie de ce que, faute de mieux, l’on peut nommer don ou talent.
Toutes choses, somme toute assez répandues, qui en soi ne conduisent pas bien loin.
Georges Brassens l’a dit, « Le talent sans travail n’est qu’une sale manie ». Un confrère
de Constant – le pianiste Michel Petrucciani – enfonce le clou : « Je ne crois pas au
génie, seulement au dur travail » ! Et justement, le travail toujours et encore, constitue

©Photos : Cécile Bayle


le quotidien de Constant, a minima quatre heures de piano par jour. Et ce n’est vraisemblablement
qu’un début tant la carrière qui paraît s’ouvrir devant lui est exigeante.
Ce labeur opiniâtre, il l’accomplit sous la direction de professeurs de qualité, telle Véronique
Grange dont il a intégré la classe au Conservatoire de Toulouse avant son
6ème anniversaire, et qui l’accompagne depuis. Sans oublier Stéphane son père, répétiteur
éclairé et manager. Ce qui nous permet aujourd’hui d’assister à un bien réjouissant
spectacle pour la vue mais aussi pour l’oreille : voir un enfant de treize ans
(mais il a commencé à se produire bien plus jeune) calme, réfléchi, au visage fin sous
des cheveux d’un noir de jais, un elfe gracile sous lequel déjà perce l’adolescent,
s’approcher d’un impressionnant monstre de cinq cent kilos fait de bois et d’acier,
noir et massif, trônant devant un orchestre symphonique, s’y asseoir face aux quatrevingt-
huit touches avec un grand sérieux, et le dompter avec naturel et professionnalisme.
Un poignet souple, des mains qui volent légères et précises sur le clavier, des
doigts déliés : le piano et Constant ne font plus qu’un. Grâce à eux ce sont Bach, Mozart,
Chopin ou Rachmaninov qui nous enchantent. Les applaudissements nourris qui
éclatent à la dernière note saluent le concertiste. Mais ceux de l’orchestre sont certainement
les plus précieux : dans les yeux des musiciens, l’on voit bienveillance et admiration,
ils savent qu’ils viennent d’accompagner l’un des leurs. Suerte l’Artiste !
Jacques Lavergne

Retrouvez Constant Despres à travers le podcast de l’émission Cap e
Cap que lui a consacrée Jacques Lavergne le 25 novembre 2019 sur la
radio web Esprit Occitanie.

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